"Le développement durable"

" Nous avons la possibilité, chacun à notre mesure, d'être acteur du changement "
arbre
Depuis une quarantaine d’années, opère une prise de conscience sur les problématiques environnementales. Bien que relative, la responsabilité humaine dans les dérèglements subis par la planète semble évidente.
Cette prise de conscience est née notamment autour :
- d’un quasi-consensus scientifique international (sur le changement climatique, voir les travaux du GIEC, Groupe Intergouvernemental d’Etude du Climat) ;
- de phénomènes perceptibles :
- les catastrophes industrielles (Seveso (1976), Bophal (1984), Tchernobyl (1986), AZFToulouse (2001) ; Jilin (2005), etc.) ;
- les catastrophes naturelles comme les marées noires (plus de 40 marées noires recensées depuis 1967… Amoco Cadiz (1976), Erika (1999), ou plus récemment Donges (2008) ;
- les extrêmes météorologiques : tempête de 1999, canicule de 2003,
- de la médiatisation des problématiques environnementales : depuis quelques années, elles ont inondé le paysage médiatique via les médias eux-mêmes (presse, radio, télévision, cinéma, etc.) mais aussi via la publicité et la politique.

Les nombreuses enquêtes d’opinions menées à l’échelle des nations ou des communautés, les dispositions prises en matière de politique nationale (par exemple le "Grenelle de l’environnement" français) et internationale (Protocoles de Kyoto et d’après-Kyoto, Sommet mondiaux de Rio, Johannesburg, …) attestent de cette prise de conscience aux niveaux individuel, social et culturel.
Autant de faits qui marquent l’avènement de valeurs et de normes pro-environnementales à diverses échelles, des plus microscopiques au plus macroscopiques.
Après le rêve de maîtrise de la nature porté par le siècle des Lumières, le constat écologique rattrape l’Homme dans une brusque réalité. Le contexte de mondialisation économique, culturelle, géopolitique renvoie à de nombreux paradoxes et dérégulations… Le modèle d’organisation humaine actuel, s’il persiste, semble inéluctablement conduire à la disparition de l’humanité, voire de toute forme de vie sur Terre.

Malheureusement le "développement soutenable" (concept issu d’un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement en 1987) apparaît comme un principe bien difficile à mettre en oeuvre. Si ce concept met en évidence la nécessité d’un changement philosophique dans notre rapport au monde et aux autres, il renvoie plus concrètement à un changement des comportements, des habitudes et des pratiques, à toutes les échelles. Tous les acteurs sont concernés dans des dimensions qui vont du collectif à l’individuel, du local à l’international, du public au privé.
Il y a donc une urgence absolue à préserver la planète. Et s’il est essentiel de poursuivre les efforts de prise de conscience, des changements doivent absolument s’opérer. Il est ici question de responsabilités qui incombent à tous, chacun à son échelle. Nous ne pouvons plus nous en délester, les transmettre aux “générations futures”, repousser le problème à demain. Car demain, c’est aujourd’hui. Les “générations futures” sont là, ce sont les enfants que nous connaissons.

Mais dans un monde complexe et systémique de tels changements ne s’opèrent pas sans résistance. Dans la recherche de solutions, il est absolument nécessaire de croiser démarches théoriques et pratiques. Mais plus généralement d’adopter de nouveaux paradigmes, en rupture avec le modèle de société mondialisé actuel.

Dans un contexte planétaire d’inégalités économiques, écologiques et sociales grandissantes, des solutions doivent être rapidement expérimentées, communiquées, appropriées par d’autres, critiquées, transformées. C’est l’ambition du réseau qui anime Terra ethica.

Ainsi est née par exemple l’idée d’organiser, pendant la Semaine du Développement Durable 2009, les Premières Rencontres Terra ethica “Le temps des mutations”, afin de réunir les acteurs d’une résistance constructive qui, peu à peu, s’organise contre la persistance des modèles du passé.
Normes désuètes ou inappropriées, cloisonnements, management souverain, comportements égocentriques… sont autant d’entraves à la créativité et à l’action, retardant ainsi la production de réponses aux problématiques majeures de ce siècle.

Face à une fuite en avant du tout technologique dangereuse et désespérée, de la standardisation et du “prêt-à-penser”, les solutions résident avant tout dans des principes relevant du bon sens et du pragmatisme. Il est question maintenant d’un “agir ensemble” à travers la gestion de biens communs.

L’objectif de ces rencontres n’était pas de présenter des recettes mais d’organiser du débat autour d’expériences alternatives existantes et de sensibiliser différents publics aux défis environnementaux, à travers des ateliers pédagogiques (scolaires), des projections, des expositions et des tables rondes. Elles avaient l’ambition de rassembler un parterre d’acteurs diversifiés : enfants, entreprises, grand public, institutionnels, scientifiques. Les participants à cet événement sont venus partager leurs points de vue, leurs expériences, nous instruire de leurs combats et nous éclairer de leurs démarches appliquées.
L’inauguration de la Tour Elithis a constitué le point d’orgue de cet évènement. Ce bâtiment de bureaux vertueux entre de plain-pied dans le cercle (trop) restreint des ouvrages tertiaires les plus performants au monde en matière de très faible impact environnemental.
En effet, face à la sur-médiatisation des problématiques environnementales, en marge des mesures législatives, certaines initiatives comme la Tour Elithis, incarnent concrètement le changement sociétal promu par le "développement soutenable". Ce projet conçu, réalisé et porté par une entreprise bourguignonne de taille moyenne, doit sa réussite au travail entre acteurs multiples, dans un esprit de collaboration. Même si l’aventure Tour Elithis ne fait que commencer, elle a vocation à être exemplaire mais d’une exemplarité autant porteuse de progrès avérés que de nouveaux défis à relever.
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